<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><rdf:RDF xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:admin="http://webns.net/mvcb/" xmlns="http://purl.org/rss/1.0/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><channel rdf:about="http://groupe.antelle.gayattitude.com/"><link>http://groupe.antelle.gayattitude.com/</link><title>Planète des singes (nus)</title><description>Planète des singes (nus)</description><language>fr</language><webMaster>webmaster@gayattitude.com</webMaster><lastBuildDate>Thu, 20 Mar 2008 00:57:17 +0100</lastBuildDate><pubDate>Thu, 20 Mar 2008 00:57:17 +0100</pubDate><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.gayattitude.com/" /><items><rdf:Seq><rdf:li rdf:resource="http://blog.valerio.gayattitude.com/20080205194740/laicite/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.valerio.gayattitude.com/20080114144431/exception-culturelle/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.valerio.gayattitude.com/20080109234137/navet-analytique/" /></rdf:Seq></items></channel><item rdf:about="http://blog.valerio.gayattitude.com/20080205194740/laicite/"><title>[valerio] Laïcité</title><description>Suite aux propos déplacés du président Sarkozy concernant la religion en général et une certaine religion en particulier, une pétition a été lancée : 
Sauvegardons la laïcité de la République
soutenue notamment par la Ligue des Droits de l'Homme et l'Observatoire Chrétien de la Laïcité.

À signer sans modération, d'autant qu'elle est très modérée...


Pendant qu'on y est, jetez un coup d'œil sur : 
Gays athées</description><content:encoded><![CDATA[Suite aux propos déplacés du président Sarkozy concernant la religion en général et une certaine religion en particulier, une pétition a été lancée&nbsp;: <br />
<center><a href=http://www.appel-laique.org/index.php><b>Sauvegardons la laïcité de la République</b></a></center><br />
soutenue notamment par la Ligue des Droits de l’Homme et l'Observatoire Chrétien de la Laïcité.<br />
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À signer sans modération, d'autant qu'elle est très modérée...<br />
<br />
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Pendant qu'on y est, jetez un coup d'œil sur&nbsp;: <br />
<a href="http://groupe.gayathee.gayattitude.com/"><center><img src="http://photo.static.gayattitude.com/v/a/valerio/20070302-62832082745e824f9b559c.gif" style="width: 90px; height: 90px;"><br>Gays athées</a></center>]]></content:encoded><link>http://blog.valerio.gayattitude.com/20080205194740/laicite/</link><dc:creator>valerio</dc:creator><dc:date>2008-02-05T19:47:40+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.valerio.gayattitude.com/20080114144431/exception-culturelle/"><title>[valerio] Exception culturelle</title><description>La France serait le seul pays au monde où la livraison gratuite pratiquée par Amazon serait déclarée illégale. Amazon a créé une Pétition en ligne.

Ça me fait doucement rigoler, ces gens de droite qui se disent libéraux seulement lorsque cela les arrange et ne manquent jamais une occasion de protéger leurs prébendes garanties par l'État et autres privilèges, qui ne se limitent pas du tout à une retraite décente à un âge auquel on peut encore en profiter un peu. Curieusement, ceux qui estiment être une bonne chose que des emplois d'ouvrier soient externalisés en Chine ou que les services publics (qu'ils ont détruits ou sapés autant que possible) soient privatisés, sont aussi ceux qui entravent au maximum les injonction de l'Europe qui voudrait par exemple mettre fin au monopole des notaires, avocats et autres, autant de professions très lucratives qui permettent de caser le fiston à bac+9 dont 4 redoublements. 

Le petit commerçant ne parle pas beaucoup de libre concurrence sauf s'il s'agit de protester contre un service public qui empiète sur son territoire de chasse et lui enlève ses proies. Il faut dire qu'il est protégé par une loi qui limite l'implantation des hypermarchés et autres grandes surfaces. L'argument souvent invoqué, le conseil au client, est à la limite du grotesque tant il est rare de croiser un commerçant vraiment compétent. Et ceux qui le sont n'ont pas tant de problèmes à garder une clientèle d'habitués malgré les supermarchés. L'exemple des pharmacies est assez instructif : même une fois franchi l'écran de vendeuses (CAP de vente en parapharmacie?), le pharmacien pourtant dûment diplômé est souvent pressé, désinvolte voire incompétent. Ces gens, ou du moins certains d'entre-eux, qui veulent être les seuls dépositaires des substances guérissantes, défendent bec et ongles leur monopole, celui par exemple, jadis confirmé par les socialistes, de vendre à dose non minimale de la vitamine C, dont pourtant ils ignorent à la fois la non-toxicité et les (rares) contre-indications!

Le libraire est un cas intermédiaire. Avec Internet, le seul intérêt de la librairie est de pouvoir feuilleter les livres et d'éviter les aléas de la livraison. Voire, de rencontrer des gens. Les librairies sont rares où l'on trouve un libraire compétent, de la FNAC (qui a longtemps classé le roumain parmi les langues slaves) à la petite librairie spécialisée où le nombre d'ouvrages est tel que peu de libraires se risquent à donner des conseils spécifiques. L'autre argument est que le libraire aurait un rôle social, celui de donner l'envie de lire à une population trop abrutie pour lire d'elle-même. En somme, la librairie de quartier dans le cadre de l'aménagement du territoire et d'une éducation locale. Là encore, je vois mal comment la plupart de ces libraires pourraient apporter quoi que ce soit : dans le meilleur des cas, ce sont de bons buralistes qui vendent au bibliomane sa drogue ainsi qu'à des consommateurs occasionnels. Avec certains, j'aurais même plutôt arrêté de lire.

Si tous les grands partis politiques se sentent obligés de courtiser ces petits commerçants (il faudrait aussi parler des chauffeurs de taxi et autres protégés par numerus clausus) c'est surtout qu'ils sont à la charnière des coalitions et qu'ils ont une surface sociale non négligeable. Néanmoins, ils sont plutôt de droite et les socialistes ont d'autant moins ménagé leur efforts pour les séduire : loi sur l'implantation des hypermarchés et, donc, «loi Lang»  (maudit soit son nom!). Celle-ci encadre le prix du livre autour d'un prix fixé par l'éditeur, à 5% près, «de façon à garantir la diversité culturelle». Il y aurait de quoi pouffer de rire tant sont rares les librairies de quartier qui ne se limitent pas, justement, aux ouvrages les mieux vendus ou présumés tels. On cherche en vain, derrière les piles de best-sellers, les ouvrages qui sont en fait en train de moisir dans les stocks de futurs invendus des éditeurs, destinés au pilon. À une époque où l'on supprime des services aussi fondamentaux que la poste ou la justice, il est surréaliste de faire subventionner par le consommateur ces officines privées là où un simple kiosque suffirait.

Tout est bon pour casser le concurrent. Le libraire en ligne Amazon apporte déjà énormément plus que le libraire moyen (hormis les 2 points sus-mentionnés) : liens sur les ouvrages voisins, avis des lecteurs, parfois très érudits... Il a été agressé en justice par une mafia livresque sous le prétexte qu'il ne faisait pas payer les frais de port ; le jugement, particulièrement inepte, a considéré que cela revenait à une remise qui établissait un prix inférieur à celui imposé par la «loi Lang». C'est débile et/ou ignoble car on ne demande pas au libraire de tenir compte de ses propres frais, similaires, qu'il s'agisse de la livraison de l'entrepôt de l'imprimeur à son magasin, de la gestion des commandes, du papier cadeau et autres babioles, ou... de la livraison au domicile d'un bon client.</description><content:encoded><![CDATA[<a href=http://www.clubic.com/actualite-91054-livre-frais-port-amazon-mobilise-clients.html>La France serait le seul pays au monde où la livraison gratuite pratiquée par Amazon serait déclarée illégale</a>. Amazon a créé une <A href="http://www.amazon.fr/gp/feature.html/?docId=1000129903#Petition">Pétition en ligne</A>.<br />
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Ça me fait doucement rigoler, ces gens de droite qui se disent libéraux seulement lorsque cela les arrange et ne manquent jamais une occasion de protéger leurs prébendes garanties par l'État et autres privilèges, qui ne se limitent pas du tout à une retraite décente à un âge auquel on peut encore en profiter un peu. Curieusement, ceux qui estiment être une bonne chose que des emplois d'ouvrier soient externalisés en Chine ou que les services publics (qu'ils ont détruits ou sapés autant que possible) soient privatisés, sont aussi ceux qui entravent au maximum les injonction de l'Europe qui voudrait par exemple mettre fin au monopole des notaires, avocats et autres, autant de professions très lucratives qui permettent de caser le fiston à bac+9 dont 4 redoublements. <br />
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Le petit commerçant ne parle pas beaucoup de libre concurrence sauf s'il s'agit de protester contre un service public qui empiète sur son territoire de chasse et lui enlève ses proies. Il faut dire qu'il est protégé par une loi qui limite l'implantation des hypermarchés et autres grandes surfaces. L'argument souvent invoqué, le conseil au client, est à la limite du grotesque tant il est rare de croiser un commerçant vraiment compétent. Et ceux qui le sont n'ont pas tant de problèmes à garder une clientèle d'habitués malgré les supermarchés. L'exemple des pharmacies est assez instructif&nbsp;: même une fois franchi l'écran de vendeuses (CAP de vente en parapharmacie?), le pharmacien pourtant dûment diplômé est souvent pressé, désinvolte voire incompétent. Ces gens, ou du moins certains d'entre-eux, qui veulent être les seuls dépositaires des substances guérissantes, défendent bec et ongles leur monopole, celui par exemple, jadis confirmé par les socialistes, de vendre à dose non minimale de la vitamine C, dont pourtant ils ignorent à la fois la non-toxicité et les (rares) contre-indications!<br />
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Le libraire est un cas intermédiaire. Avec Internet, le seul intérêt de la librairie est de pouvoir feuilleter les livres et d'éviter les aléas de la livraison. Voire, de rencontrer des gens. Les librairies sont rares où l'on trouve un libraire compétent, de la FNAC (qui a longtemps classé le roumain parmi les langues slaves) à la petite librairie spécialisée où le nombre d'ouvrages est tel que peu de libraires se risquent à donner des conseils spécifiques. L'autre argument est que le libraire aurait un rôle social, celui de donner l'envie de lire à une population trop abrutie pour lire d'elle-même. En somme, la librairie de quartier dans le cadre de l'aménagement du territoire et d'une éducation locale. Là encore, je vois mal comment la plupart de ces libraires pourraient apporter quoi que ce soit&nbsp;: dans le meilleur des cas, ce sont de bons buralistes qui vendent au bibliomane sa drogue ainsi qu'à des consommateurs occasionnels. Avec certains, j'aurais même plutôt arrêté de lire.<br />
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Si tous les grands partis politiques se sentent obligés de courtiser ces petits commerçants (il faudrait aussi parler des chauffeurs de taxi et autres protégés par numerus clausus) c'est surtout qu'ils sont à la charnière des coalitions et qu'ils ont une surface sociale non négligeable. Néanmoins, ils sont plutôt de droite et les socialistes ont d'autant moins ménagé leur efforts pour les séduire&nbsp;: loi sur l'implantation des hypermarchés et, donc, «loi Lang»  (maudit soit son nom!). Celle-ci encadre le prix du livre autour d'un prix fixé par l'éditeur, à 5% près, «de façon à garantir la diversité culturelle». Il y aurait de quoi pouffer de rire tant sont rares les librairies de quartier qui ne se limitent pas, justement, aux ouvrages les mieux vendus ou présumés tels. On cherche en vain, derrière les piles de best-sellers, les ouvrages qui sont en fait en train de moisir dans les stocks de futurs invendus des éditeurs, destinés au pilon. À une époque où l'on supprime des services aussi fondamentaux que la poste ou la justice, il est surréaliste de faire subventionner par le consommateur ces officines privées là où un simple kiosque suffirait.<br />
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Tout est bon pour casser le concurrent. Le libraire en ligne Amazon apporte déjà énormément plus que le libraire moyen (hormis les 2 points sus-mentionnés)&nbsp;: liens sur les ouvrages voisins, avis des lecteurs, parfois très érudits... Il a été agressé en justice par une mafia livresque sous le prétexte qu'il ne faisait pas payer les frais de port&nbsp;; le jugement, particulièrement inepte, a considéré que cela revenait à une remise qui établissait un prix inférieur à celui imposé par la «loi Lang». C'est débile et/ou ignoble car on ne demande pas au libraire de tenir compte de ses propres frais, similaires, qu'il s'agisse de la livraison de l'entrepôt de l'imprimeur à son magasin, de la gestion des commandes, du papier cadeau et autres babioles, ou... de la livraison au domicile d'un bon client.]]></content:encoded><link>http://blog.valerio.gayattitude.com/20080114144431/exception-culturelle/</link><dc:creator>valerio</dc:creator><dc:date>2008-01-14T14:44:31+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.valerio.gayattitude.com/20080109234137/navet-analytique/"><title>[valerio] Navet analytique</title><description>Il est fréquent que des scientifiques hors-d'âge, devenus inaptes à l'innovation mais soucieux de laisser une image positive d'eux, s'adonnent durant leur retraite à des activités périphériques : mise en forme de leurs travaux antérieurs, réflexion sur le sens de certains résultats ou étude de l'histoire de leur discipline. Les mathématiciens, exclus du prix Nobel (ledit Nobel avait été, dit-on, cocufié par un mathématicien), ont même fixé une limite d'âge à 40 ans pour leur distinction la plus prestigieuse, la Médaille Fields, afin d'empêcher les passages à l'ancienneté (une grande spécialité française).

En philosophie, au contraire, on commence par étudier  l'histoire de la philosophie car, dit-on, il ne s'agit pas d'une discipline cumulative où le progrès rendrait obsolètes les théories antérieures. Il faut dire que les théories erronées, par exemple, d'Aristote ont été rectifiées tout en passant dans le champ scientifique: le monde sublunaire disparaît définitivement avec Galilée et la cosmologie devient objet de science. La philosophie est ainsi un domaine résiduel de plus en plus étroit coincé entre les sciences, dures et molles, et les genres littéraires. Je ne fais même pas allusion ici à ceux qu'on pourrait, charitablement, qualifier de journalistes philosophiques, qui sont philosophes tout au plus comme un présentateur météo est météorologue. Je ne pense donc pas à des BHL, Ferry, ... mais plutôt à des Derrida, Deleuze, ... dont les idées ne sont pas forcément dénuées de sens mais ne contribuent guère à la construction d'une connaissance éprouvée voire cumulable. Mes auteurs de référence furent donc Russell, Quine, ... et d'autres philosophes dits analytiques, où l'on observait malgré tout un affinement progressif des concepts.

En France, hélas, on fait peu de philosophie: la grande majorité des séminaires (et la quasi-totalité des cours) concerne au mieux l'histoire de la philosophie. Il y a plus élaboré: la philosophie de la philosophie, l'histoire de la philosophie de la philosophie, la philosophie de l'histoire de la philosophie... et tous les commentaires plus ou moins, et plutôt plus que moins, périphrastiques sur les auteurs eux-mêmes et, sur les commentaires eux-mêmes, suivant une récurrence indéfinie... et aussi tous les échanges de flatteries. Le microcosme universitaire ressemble hélas trop à n'importe quelle famille, au sens mafieux du terme, qu'il s'agisse du cinéma, de la tv, de corporations ou des cercles de pouvoir (enfin, pas au PS, au niveau national, actuellement, concédons-le).

J'assistai l'autre jour à un exposé, censément (pour moi) de bonne philosophie, sérieuse, analytique. Ce fut une litanie de platitudes saturées de métalangage (&quot;nous allons voir que&quot;... &quot;nous avons vu que&quot;... qui permettent de délayer facilement d'un facteur 3 le contenu pas encore assez mousseux) et abusant du mode interrogatif (&quot;mais alors, keski...&quot;), façon bien maladroite de dissimuler dans la question une pétition de principe et de proposer ensuite une réponse magistrale autant que triviale. Le caractère historique de l'étude permettait en outre de démultiplier les questions et d'étoffer l'exposé (keske X (ou Y...) pense de...). Le tout était gratiné de quelques anglicismes et de fautes de français, dont une sur l'inévitable présentation Powerpoint, qui n'était pas détectable par le correcteur orthographique.

Bref, ct ennuyeux à mourir voire, de surcroît, anal-lytique car mon postérieur se sentait de plus en plus injustement et inutilement maltraité par le siège.  À la fin, le mandarin local remercie chaleureusement le conférencier pour cet exposé «passionnant» qui l'a cité 3 fois non moins chaleureusement. Suivent une série de questions: une hystérique, un preneur de tête...  Je suis parti avant la fin.</description><content:encoded><![CDATA[Il est fréquent que des scientifiques hors-d'âge, devenus inaptes à l'innovation mais soucieux de laisser une image positive d'eux, s'adonnent durant leur retraite à des activités périphériques&nbsp;: mise en forme de leurs travaux antérieurs, réflexion sur le sens de certains résultats ou étude de l'histoire de leur discipline. Les mathématiciens, exclus du prix Nobel (ledit Nobel avait été, dit-on, cocufié par un mathématicien), ont même fixé une limite d'âge à 40 ans pour leur distinction la plus prestigieuse, la Médaille Fields, afin d'empêcher les passages à l'ancienneté (une grande spécialité française).<br />
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En philosophie, au contraire, on commence par étudier  l'histoire de la philosophie car, dit-on, il ne s'agit pas d'une discipline cumulative où le progrès rendrait obsolètes les théories antérieures. Il faut dire que les théories erronées, par exemple, d'Aristote ont été rectifiées tout en passant dans le champ scientifique: le monde sublunaire disparaît définitivement avec Galilée et la cosmologie devient objet de science. La philosophie est ainsi un domaine résiduel de plus en plus étroit coincé entre les sciences, dures et molles, et les genres littéraires. Je ne fais même pas allusion ici à ceux qu'on pourrait, charitablement, qualifier de journalistes philosophiques, qui sont philosophes tout au plus comme un présentateur météo est météorologue. Je ne pense donc pas à des BHL, Ferry,&nbsp;... mais plutôt à des Derrida, Deleuze,&nbsp;... dont les idées ne sont pas forcément dénuées de sens mais ne contribuent guère à la construction d'une connaissance éprouvée voire cumulable. Mes auteurs de référence furent donc Russell, Quine,&nbsp;... et d'autres philosophes dits analytiques, où l'on observait malgré tout un affinement progressif des concepts.<br />
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En France, hélas, on fait peu de philosophie: la grande majorité des séminaires (et la quasi-totalité des cours) concerne au mieux l'histoire de la philosophie. Il y a plus élaboré: la philosophie de la philosophie, l'histoire de la philosophie de la philosophie, la philosophie de l'histoire de la philosophie... et tous les commentaires plus ou moins, et plutôt plus que moins, périphrastiques sur les auteurs eux-mêmes et, sur les commentaires eux-mêmes, suivant une récurrence indéfinie... et aussi tous les échanges de flatteries. Le microcosme universitaire ressemble hélas trop à n'importe quelle famille, au sens mafieux du terme, qu'il s'agisse du cinéma, de la tv, de corporations ou des cercles de pouvoir (enfin, pas au PS, au niveau national, actuellement, concédons-le).<br />
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J'assistai l'autre jour à un exposé, censément (pour moi) de bonne philosophie, sérieuse, analytique. Ce fut une litanie de platitudes saturées de métalangage ("nous allons voir que"... "nous avons vu que"... qui permettent de délayer facilement d'un facteur 3 le contenu pas encore assez mousseux) et abusant du mode interrogatif ("mais alors, keski..."), façon bien maladroite de dissimuler dans la question une pétition de principe et de proposer ensuite une réponse magistrale autant que triviale. Le caractère historique de l'étude permettait en outre de démultiplier les questions et d'étoffer l'exposé (keske X (ou Y...) pense de...). Le tout était gratiné de quelques anglicismes et de fautes de français, dont une sur l'inévitable présentation Powerpoint, qui n'était pas détectable par le correcteur orthographique.<br />
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Bref, ct ennuyeux à mourir voire, de surcroît, anal-lytique car mon postérieur se sentait de plus en plus injustement et inutilement maltraité par le siège.  À la fin, le mandarin local remercie chaleureusement le conférencier pour cet exposé «passionnant» qui l'a cité 3 fois non moins chaleureusement. Suivent une série de questions: une hystérique, un preneur de tête...  Je suis parti avant la fin.]]></content:encoded><link>http://blog.valerio.gayattitude.com/20080109234137/navet-analytique/</link><dc:creator>valerio</dc:creator><dc:date>2008-01-09T23:41:37+01:00</dc:date></item></rdf:RDF>